Bien après la bataille des reviews ciné, voilà mon avis sur LE film de SF de 2017. Laissons parler le cœur : la suite de Blade Runner, digne héritière du film originel, s’affirme comme une œuvre qui se vit sensoriellement, entre plans vertigineux, longs silences contemplatifs et ambiances oppressantes. Elle s’inscrit dans la lignée des – rares – films de Science-Fiction ayant fait de la musique et du son des composants majeurs de l’histoire, de l’identité de l’œuvre. Ils enveloppent, habitent littéralement les lieux et les personnages.

Lors de la projection de la première adaptation des Androides rêvent-ils de moutons électriques, Philip K. Dick aurait ainsi réagit avec stupeur devant l’incroyable fidélité du film vis-à-vis de son imaginaire :

« Comment est-ce possible ? Qu’est-ce que c’est ? Ce ne sont pas les images exactes, ce sont le ton et la texture des images que j’avais dans ma tête quand j’ai écrit ce livre ! L’environnement est exactement le même ! Comment avez-vous fait ça ? Comment avez-vous su ce que je pensais et ressentais ? »

Du point de vue du spectateur, ce Blade Runner 2049 est une putain de claque visuelle et sonore, un film qui remue des oreilles jusqu’à l’épiderme, en passant par l’estomac. Comme l’a voulu son réalisateur, il honore le premier opus dont les effets sonores et la bande originale avaient marqué l’époque.

Voici l’ensemble de la bande originale en streaming :

Un documentaire sur le Sound Design de Blade Runner 2049

La diffusion d’un « bonus » sur les coulisses du Sound Design pour Blade Runner 2049 est donc à la fois une bonne surprise et une évidence. Intitulé The Sound of Blade Runner 2049 et réalisé par SoundWorks Collection, ce documentaire de 13 minutes explore le process et les inspirations qui ont façonné l’expérience sonore du film de Denis Villeneuve.

Attention, vous devez maîtriser l’anglais pour pouvoir profiter de cette vidéo :

Si le spectateur que je suis s’est laissé emporter par les saccades de percussions, les bruits organiques au synthétiseur ou les puissantes distorsions musicales, certains fans du Blade Runner de 1982 regrettent l’exagération dystopique au niveau du son, qui consiste en des emphases répétitives, basées sur quelques notes… Là où « la partition originale de Vangelis était un opus tentaculaire de divers instruments, humeurs et sentiments. »

On retrouve néanmoins dans le sublime titre « Tears in Rain » l’esprit mélancolique du soundtrack originel :

On ressent bien l’empreinte créative de Denis Villeneuve, ce réalisateur talentueux pour qui le cinéma est avant tout « une chorégraphie, une danse entre les images et les sons », loin des « clichés synthétiques et des tropes électroniques ».

Certains effets sonores sont de véritables marqueurs de l’atmosphère construite par l’équipe de Denis Villeneuve, comme les cliquetis liquides des robots ovoïdes lévitant autour de Jared Leto. Ils contribuent à une ambiance poisseuse, étrange, dérangeante, à l’instar de l’émotion épidermique provoquée par les pods d’Existenz.

Benjamin Wallfisch, compositeur sur la B.O. de Blade Runner 2049

Benjamin Wallfisch, compositeur sur la B.O. de Blade Runner 2049

Cette vision artistique se prolonge naturellement entre Blade Runner 2049 et le précédent film, Arrival ; ce bijou de cinéma SF – adapté d’une nouvelle de Ted Chiang – offrait déjà des vagues sonores et musicales lancinantes, véritables montagnes russes électroniques. On doit la B.O. à l’islandais Jóhann Jóhannsson. Ecoutez par exemple « First Encounter » :

Avec Interstellar, Inception, Sunshine, Terminator2001 : l’Odyssée de l’Espace, Tron Legacy, Arrival ou Matrix, Blade Runner 2049 (comme son prédécesseur) restera sans aucun doute l’un de ces films de Science-Fiction dont l’empreinte sonore vous marque à vie.

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Posted by HAH

Passionné par l'Anticipation et la SF depuis la lecture de Fahrenheit 451, j'ai orienté mes études littéraires dans ce domaine avec la réalisation d'un mémoire sur les villes dystopiques. Ma bibliothèque se compose des grands classiques (Asimov, Philip K. Dick, H.G. Wells, Clarke...) et des nouveaux auteurs SF - Priest, Wilson, Howey... Ma nouvelle préférée : La Dernière Question, d'Isaac Asimov. Evidemment, je regarde un peu trop les films et séries d'Anticipation.

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