Il existe environ une dizaine de « sous » genres différents dans le domaine de la Science-Fiction, même si certaines œuvres sont difficiles à « étiqueter » dans une sous-catégorie spécifique. Les différents types de littérature SF sont (de mon point de vue) :

Bien que certaines œuvres comme Fahrenheit 451, Spin ou Sécheresse soient faciles à classer dans des « sous-genres » de la Science-Fiction de part leur focalisation narrative, d’autres naviguent allègrement entre les thèmes et les codes – à l’image des œuvres de Philip K. Dick, souvent OVNI de l’Imaginaire. Alors évidemment, si vous êtes un(e) expert(e) du sujet, vous bondirez peut-être face à ma catégorisation et à la dominante narrative que j’attribue à chaque œuvre citée. Mais ne me flagellez pas : je compte sur vous pour commenter et m’aider à affiner cet article afin d’élargir encore plus les voies de notre imaginaire.

Let’s go.

La Hard-SF

Dans ce sous-genre de la SF, très répandu actuellement, l’extrapolation scientifique est au cœur du scénario, ou joue a minima un rôle important. C’est un héritage de la « scientifiction », qui considère avec beaucoup de sérieux le savoir scientifique et recherche le plus de probabilité possible. Des livres ou des films de Hard SF ? Spin, 2001 l’Odyssée de l’Espace, Matrix, La Machine à explorer le temps, Iron Man, Premier Contact, Chapie, Her, Ex Machina, Les Robots, Looper

« Les auteurs de Hard Science inventent des histoires à partir de faits scientifiques qu’ils adaptent au monde qu’ils créent en respectant les connaissances admises voire en les extrapolant de manière rigoureuse. Parmi ces auteurs, on trouve de nombreux professeurs ou anciens professeurs d’université ainsi que des scientifiques reconnus. »
Poche SF

Le Space-Opera

Des épopées interplanétaires, un vol habité à l’autre bout de la galaxie, des batailles spatiales épiques ou une colonisation de nouveaux mondes, et vous voilà projeté(e) dans un Space-Opera. Généralement pour des lectures fleuves, en plusieurs tomes. Star Wars, Fondation, Starship Troopers, H2G2, Interstellar, Les Gardiens de la Galaxie… sont les exemples qui me viennent spontanément à l’esprit.

« Loin de nous montrer l’univers, le Space Opera reflète et amplifie nos conflits terrestres. Star Trek s’est présenté comme un avenir utopique, mais c’était une utopie complète avec des caricatures raciales et brutales des ennemis, comme les Klingons soviétiques et les Romuliens orientaux. Robert Heinlein a aussi utilisé le Space Opera pour s’amuser avec ses fantasmes sociaux-militaristes dans Starship Troopers. »
Damien Walter – The Guardian

L’angoisse – ou huis-clos – spatial(e)

C’est surtout au cinéma, friand de suspense, d’horrifique et d’action, que le huis-clos spatial est le plus exploité. On reconnaît ce type d’œuvre SF au petit nombre de personnages, à un cadre réduit (vaisseau, camp isolé), et à une tension permanente – généralement à cause d’une présence menaçante, réelle ou fantasmée. Si vous aimez ce type de film, une petite liste : Apollo 18, Sunshine, Alien, Life, Solaris, La bête d’un autre monde (The Thing), Pitch Black

« Au-delà d’Alien, est-ce qu’il y a eu un autre film d’horreur spatiale, sorti depuis les années 80, qui l’a égalé en termes de qualité cinématographique ou de succès au box-office ? La réponse est non. »
Den of Geek

La Science-Fantasy

Mutations, humains dotés de pouvoirs psi / surnaturels, martiens à la peau rouge (quand ce ne sont pas des fantômes), créatures extra-terrestres aux morphologies et langages fantasmagoriques, planètes habitables, univers ou temporalités délirant(e)s… Autant d’ingrédients qui nourrissent les œuvres futuristes flirtant plus ou moins avec le fantastique ou le féérique / magique. Citons A rebrousse-temps, John Carter of Mars, La Nuit des temps, La Planète des singes, Frankenstein, La Mouche, Hulk, Star Wars, Ubik, La machine à explorer l’espace, Avatar, Monsters… Ou encore le génialissime Dark City.

« Si l’histoire comprend un mélange de science-fiction plausible (c.-à-d. des événements scientifiques ou des événements alternatifs ou technologiques scientifiquement possibles) et quelque chose qui est impossible (peu importe la crédibilité de l’auteur), c’est de la Science-Fantasy. »
Fantasy Magazine

L’Anticipation (ou Fiction Spéculative)

C’est mon genre de prédilection, puisqu’il fait la part belle à la prospective sociale, environnementale, politique… Cette fiction spéculative ne cherche pas la vérité mais plutôt à provoquer des questionnements sur l’humain et son rapport à l’écosystème, à des phénomènes ou événements dramatiques. Parmi mes œuvres favorites, il y a évidemment 1984, Hunger Games, Fahrenheit 451, District 9, Elysium ou tous les épisodes de Black Mirror.

> A lire sur le même thème : SF et Anticipation, quelles différences ?

La Dystopie (ou Contre-Utopie)

Généralement du type « anticipation » (j’ai même hésité à les mettre ensemble), l’anti-utopie renverse notre vision béate de l’avenir pour en faire un futur indésirable, qu’il soit faussement radieux ou clairement invivable. Avec la dystopie, l’avenir n’a rien de bon pour nous ; les auteurs de ce type d’œuvres se font le reflet pessimiste des préoccupations de notre époque. Le Meilleur des Mondes, Equilibrium, Metropolis, V pour Vendetta, Matrix, Nous Autres, Un Bonheur insoutenable et Soleil Vert sont 6 œuvres que je vous recommande.

Définition de la dystopie en une infographie
Infographie par Erin Bowman.

L’Apocalyptique ou Post-Apocalyptique

C’est simple : la fin du monde se déroule sous nos yeux, ou a déjà eu lieu. Les humains luttent pour leur survie dans des conditions hostiles, que ce soit lié à un cataclysme climatique, à une guerre nucléaire ou à une invasion extra-terrestre. Vous aimez ce genre de SF ? Alors (re)découvrez Silo, Sécheresse, Les Fils de l’Homme, La Guerre des Mondes, Terminator, L’Armée des 12 singes, Le jour où la Terre s’arrêta, Ravage

La Guerre des Mondes, film post-apocalyptique

L’Uchronie

L’Uchronie produit une expérience étrange parce qu’elle nous place dans une temporalité alternative, qui peut nous sembler totalement différente ou au contraire sensiblement alignée avec la nôtre. C’est ce qu’on vit avec l’excellente série Real Humans (arrêtée au bout de 2 saisons), et ce que Philip K. Dick a exploré magistralement dans le roman (et donc la série) Le Maître du Haut Château. Parfois, les voyages dans le temps génèrent l’Uchronie puisqu’ils provoquent des scénarios inattendus, comme dans Un coup de tonnerre ou dans l’Effet Papillon.

« Le principe qui sous-tend chaque uchronie est le même : il propose un monde fictif qui implique une histoire dont le cours a dérivé du cours de l’histoire réelle. Nous sommes là dans le domaine du passé réinventé ».
Gary Westfahl / G.E. Slusser / David Leiby – Worlds Enough and Time: Explorations of Time in Science Fiction and Fantasy

Le Steampunk (ou Rétro-Futurisme)

Cette catégorie de SF va à rebours de l’innovation ou des futurs les plus technologiquement avancés : le monde est resté coincé à la fin du 19ème siècle voire au début du 20ème siècle, du moins sur le plan scientifique et technologique. Les amateurs de films rétro-futuristes ou d’œuvres d’animations voient forcément de quoi je parle (Wild Wild West, Numéro 9, SteamBoy, Fullmetal Alchemist, Metropolis, C’était Demain). Personnellement, j’ai l’impression de lire du steampunk (steam = vapeur) quand je retrouve Le Voyage dans la Lune, 20 000 lieues sous les mers, La machine à explorer l’espace ou La Cité des enfants perdus.

« Le style Steampunk est maintenant défini par sa combinaison d’époque victorienne, de technologies rétro-futuristes et d’Histoire alternative. »
The Daily Dot

Le Cyberpunk

Sombre, brutal, à domination technologique, l’univers Cyberpunk a cartonné dans les années 80-90 avec des œuvres comme New York 1997, Robocop, Ghost in the Shell, Matrix, Judge Dredd, Existenz ou le chef d’oeuvre Blade Runner (qui revient pour une suite en 2017 !). L’Homme y est souvent prisonnier d’une mégalopole invivable ou d’une société numérique dont il ne peut échapper ; il y croise forcément des cyborgs, quand il ne les chasse pas lui-même. La technologie est inquiétante, parfois même l’ennemi.

« D’un côté, vous avez de puissantes méga-sociétés et des forces privées de sécurité, et d’autre part, vous avez le monde […] du commerce illégal, des gangs, des drogues et des vices. Entre tout cela, la politique, la corruption et les bouleversements sociaux. Le Cyberpunk, c’est aussi une culture et un style distinct : anti-totalitaire, anticapitaliste, technologiquement poussé. »
NeonDystopia.com


Pour finir, merci à Jérémie du blog Destination Futur pour la forte source d’inspiration et son effort de classification. Son blog est à découvrir d’urgence si vous vous lancez dans l’écriture et l’auto-édition.

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Posted by HAH

Passionné par l'Anticipation et la SF depuis la lecture de Fahrenheit 451, j'ai orienté mes études littéraires dans ce domaine avec la réalisation d'un mémoire sur les villes dystopiques. Ma bibliothèque se compose des grands classiques (Asimov, Philip K. Dick, H.G. Wells, Clarke...) et des nouveaux auteurs SF - Priest, Wilson, Howey... Ma nouvelle préférée : La Dernière Question, d'Isaac Asimov. Evidemment, je regarde un peu trop les films et séries d'Anticipation.

2 Comments

  1. Salut Ange et bravo pour cet article ! La classification est toujours un aspect périlleux et j’ai l’impression que ta description des sous-genres est exhaustive, tout en restant claire. Chapeau !
    En ce qui concerne les exemples, comme tu le dis en introduction, tout est discutable quand il s’agit de classer des oeuvres qui s’étalent sur plusieurs genres. Par exemple (et à titre tout à fait personnel), je trouve que le côté d’Interstellar le plus développé est la hard SF parce que, finalement, l’exploration d’autres mondes me parait secondaire et que j’ai tendance à voir le space-opéra aussi comme une rencontre de cultures différentes, ce qui n’est pas vraiment le cas dans le film. Et a contrario, je n’aurais pas mis Looper dans la hard SF puisque le personnage dit assez vite lui-même qu’il s’en fout des explications scientifiques. Mais encore une fois, comme tu le dis, tout est discutable.
    Je me posais une question : quand tu classes 2001 dans la hard SF, est-ce que tu penses plutôt au livre (auquel cas je suis totalement d’accord avec toi) ou au film (là, ça commence à être plus flou) ?
    En tout cas, je vois quelques noms d’oeuvres que je ne connais pas dans tes exemples, je vais donc pouvoir les découvrir. Merci à toi !

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    1. Merci Guillaume 🙂
      Effectivement Interstellar mérite d’être classé dans la Hard SF en priorité vu sous cet angle. Je t’avoue que j’ai hésité ! La preuve que la classification n’est pas rigide. Bien vu le côté « multiculturel / multi-ethnique » du space-opera, ça se tient totalement. Et pour 2001, je pense effectivement au livre et plus précisément à la trilogie. Bonne(s) lecture(s) !

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