Note : cette critique a été réalisée par @GesHel, qui avait déjà pu lire et chroniquer le premier tome d’Havensele (Cité Noire) sur Human After HAL. Merci pour cette nouvelle contribution.

Dans le premier épisode de sa trilogie Havensele, Charlotte Bona posait les fondations de son oeuvre futuriste : sous l’impulsion d’une entité extra-terrestre, et grâce aux travaux de deux scientifiques, une fondation (financée par un certain Thomas Andlauer) se lançait dans un grand projet d'”arche” censée sauver une partie de l’Humanité face à son inévitable apocalypse. Charlotte Bona poursuit donc avec ce tome 2, intitulé “Cité Blanche”, dans lequel le compte à rebours est lancé. Le plan de sauvegarde de l’Humanité résistera-t-il à l’escalade des tensions et à l’émergence d’un mal étrange ?

Un résumé de Havensele : Cité Blanche

Dans les profondeurs de la terre, dans la Cité, la scientifique Mathilde Morens se remet peu à peu des affres de sa transformation forcée, tout en assimilant les règles de vie et de la hiérarchie rigide du dernier refuge de l’Humanité. En surface, les tensions géopolitiques menacent d’entraîner le monde vers une probable autodestruction.

Jonas Olhson, plongé dans la tourmente, devient la cible d’une officine secrète dont le leader a bien l’intention de mettre à jour ce que cache véritablement Thomas Andlauer et sa Fondation.

Et le temps presse : les émissaires d’Havensele sont de plus en plus nombreux à sombrer dans la démence, touchés par un étrange mal, mettant à mal la recherche et l’extraction des humains désignés pour survivre au chaos.

La machine spirituelle, aussi bienveillante qu’implacable, poursuit quant à elle sa mission aux ordres de ses mystérieux créateurs.

Que dire du tome 2 d’Havensele ?

Charlotte Bona prolonge l’aventure dans ce même esprit de “show runner” hollywoodien qui prévalait dans le tome 1, multipliant les composantes formelles du thriller fantastique moderne. Ce qui pourrait vite devenir un patchwork de situations stéréotypées s’avère fluide et cohérent sous la plume “visuelle” de l’auteure.

Si dans cette deuxième partie d’Havensele, les détails géopolitiques sont mis à la marge, la menace de l’effondrement et du chaos impose son atmosphère, et nous retrouvons nos personnages dans un état critique. Leur crise existentielle intérieure fait écho à celle qui étouffe inexorablement le monde.

La Cité d’Havensele se dévoile un peu plus, sous la forme d’une dictature en apparence bienveillante. Les “potentiels” (humains choisis en fonction de caractères spirituels particuliers dans la population) sont contraints de rester à la place désignée par leur “sigillaire” au sein d’une hiérarchie organisée comme un Clergé, avec ses titres ronflants, ses cérémoniaux et protocoles d’une solennité inquiétante. Ces humains élus et transformés physiologiquement se doivent de développer leurs talents… Sous peine d’être éliminés, purement et simplement.

L’entité Cité, main de fer spectrale dans un gant de velours, représente parfaitement cette bipolarité entre bonté et brutalité (celle-ci distribue aussi bien le réconfort et le soutien que des châtiments mentaux et physiques). Le lecteur a aussi l’occasion de voir les protagonistes sous un angle différent, plus sombre et inhumain, grâce à l’alternance des différents arcs narratifs.

Cette noirceur, Mathilde la recevra sans filtre via un lien mental accidentel avec Thomas Andlauer ; les crimes et sacrifices de cet homme, engagé vers le but supérieur de la survie de l’espèce, lui apparaîtront soudain à l’esprit. Au bord de la folie, Mathilde ne devra son sauvetage qu’à l’intervention d’Alexian (lequel deviendra plus tard son tuteur), et pourra alors évoluer dans la société sectaire d’Havensele.

Ce sera l’occasion d’un triangle amoureux, perturbant les relations entre un Thomas déchu de son autorité et Alexian ; Jeux de pouvoir et rivalités pourront s’exprimer et compliquer la politique interne d’Havensele.

De nouveaux personnages feront également leurs apparitions, complexifiant le tout : à l’instar d’un envoyé d’Havensele nostalgique de sa vie d’avant son extraction, ou encore d’une officine secrète dirigée par un ex-militaire américain paranoïaque et bien décidé à démasquer la très “lisse” fondation Andlauer. Le dévoilement de cette société d’humains augmentés n’aura jamais été aussi proche.

En bref, les thématiques sont connues, les ingrédients et protagonistes “canoniques” mais traités avec talent, les rebondissements nombreux et savamment orchestrés… Le seul “manquement” à mon sens reste l’absence de réponse quant aux motivations des créateurs de Cité ; mais on peut entrevoir un dernier épisode fort dense à cet égard.

J’attends la suite avec impatience !

Titre : Havensele : Cité Blanche
Auteur : Charlotte Bona
Editeur : Rroyzz
Date de publication : 08/04/2019
Prix : 20€

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Posted by HAH

Passionné par l'Anticipation et la SF depuis la lecture de Fahrenheit 451, j'ai orienté mes études littéraires dans ce domaine avec la réalisation d'un mémoire sur les villes dystopiques. Ma bibliothèque se compose des grands classiques (Asimov, Philip K. Dick, H.G. Wells, Clarke...) et des nouveaux auteurs SF - Priest, Wilson, Howey... Ma nouvelle préférée : La Dernière Question, d'Isaac Asimov. Evidemment, je regarde un peu trop les films et séries d'Anticipation.

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