On lui prête tous les projets de films les plus fous : Alien 5, Halo… Mais alors, après District 9, Elysium et Chappie, quels seront les prochains films (ou prochaines séries) de Neill Blomkamp ? Le réalisateur évoquait il y a quelques mois son souhait de casser les codes de la production cinématographique de Science-Fiction. Il l’a confirmé sur Twitter. Et c’est venu du côté d’Oats Studios, pour bien commencer l’année 2018. On sait maintenant ce qui nous attend pour les années qui viennent !

Alien, c’est fini pour lui

Pour Alien, Blomkamp a tourné la page, donc n’attendez pas son retour sur cette série qui méritait mieux que le naufrage causé par Ridley Scott avec Covenant : « Yes. I have moved on. What I meant was that I wish there was a way for fans to see some of what we had designed. It was an amazing chance to work in the world Ridley and James Cameron created. »

Le réalisateur avait pourtant beaucoup travaillé sur la franchise, comme en témoignent les concept-arts publiés sur Twitter en réponse à un fan :

Concept- art Neill Blomkamp pour le film Alien

Cette brève aventure du côté de l’univers des xénomorphes aura au moins permis de rapprocher Neill Blomkamp de Sigourney Weaver. Le featuring de l’actrice dans le court-métrage Rakka a en effet offert au studio une portée mondiale.

Oats Studio, centre d’expérimentation pour les projets de Neill Blomkamp

Le réalisateur de District 9 s’est finalement concentré avec passion sur une démarche artistique novatrice qui révolutionne le genre : la création de pilotes audacieux comme Firebase, Zygote, Rakka et Adam, pour ne citer que ces projets de Science-Fiction (disponibles en streaming gratuit). Une véritable ébullition créative qui mène sa société de production indépendante à oser un nouveau mode de financement, via le crowdfunding.

On s’en doutait un peu : en offrant en streaming des courts-métrages surprenants – tant visuellement que conceptuellement – à ses fans, Blomkamp cherchait à générer de l’attente et à tester ses idées, hors du carcan hollywoodien. Le modèle rompt donc avec l’establishment au niveau artistique ; et maintenant au niveau du modèle économique : « An innovative filmmaking model emerges with @oatsstudios. […] Expect innovative effects work too. » (Cinefex).

D’ailleurs, chose rare dans le secteur, Oats Studios a mis à disposition un volume d’assets impressionnant sur Steam, afin que la production soit la plus ouverte et partagée possible. Le « manifesto » de Neill Blomkamp est clair sur l’intention de propagation collective de la création artistique et sur le mode de financement visé, en totale désintermédiation :

« Notre souhait est de recevoir des fonds directement de notre audience, car nous avons bâti un studio habité par la créativité pure et la passion. Nous avons de nombreux mondes à créer et de nombreuses histoires à raconter, mais nous avons besoin de l’aide des gens partout dans le monde. »

Le prochain film (long-métrage) réalisé par Blomkamp sera…

Firebase. Ou plutôt Archon, puisque Neill Blomkamp a annoncé ce titre pour l’adaptation. Je sais que vous auriez certainement préféré comme moi que Blomkamp mette toute son énergie sur Rakka. Mais non. Si Rakka passe en long-métrage, ce sera après Firebase… Et à condition que le court-métrage en question réussisse à collecter suffisamment de fonds via le financement participatif : « If FIREBASE crowdfund works… expect Rakka feature and then Zygote, and hopefully a continuous stream of unrestricted sci-fi / horror / fantasy. Just have to get the engine started. »

poster du film firebase de neill blomkamp

Concept-art pour un poster du film Firebase, par Benjamin Tobitt

Au vu des réactions de la communauté d’adeptes du réalisateur, dont je fais partie, la récolte devrait être fructueuse. Comme l’a tweeté un internaute, pour une frange des cinévores SF, « Neill Blomkamp est l’une des icônes actuelles dans la production de films – un homme qui veut juste réaliser des films qui plairont à des gens comme lui. C’est ce genre de passion qui mobilise les gens. »

Firebase, une uchronie horrifique au cœur de la guerre du Vietnam

A la croisée de la divergence historique et du cinéma d’horreur / fantastique, Firebase se déroule au cœur de la jungle vietnamienne. Là, les forces américaines – et un soldat en particulier – sont confrontées à un ennemi quasi-mythologique, né de la destruction et de la violence, dans l’odeur du napalm au petit matin… Ce monstre aux pouvoirs surhumains s’appelle “River God”.

Firebase de Neill Blomkamp et Oats Studio

Firebase de Neill Blomkamp et Oats Studio

Firebase de Neill Blomkamp et Oats Studio

Incarnation du mal aux yeux de la CIA, River God semble immortel et capable de manipuler la matière, l’espace et le temps. Le tout sur fond de scènes de guerre entrecoupées de visions futuristes. Un cocktail uchronique complètement fou ! Je ne vous en dis pas plus et vous laisse découvrir l’épisode diffusé en streaming sur la plupart des plateformes vidéos :

Vous remarquerez le superbe travail sur la direction artistique et les effets spéciaux, avec des “petites” références visuelles enthousiasmantes (comme à Metal Gear Solid), et surtout l’étrangeté globale du scénario. Neill Blomkamp frappe fort encore une fois et comme dans certaines de ses productions récentes, le réal n’hésite pas à provoquer l’oeil avec des images sanglantes. Le corps humain est très souvent maltraité, déformé, mutilé par Blomkamp (cf. Rakka et District 9) : le terme de chair à canon” convient parfaitement aux séquences gores de Firebase.

La phase de financement participatif commence en février 2018, donc tenez-vous prêt(e) pour supporter le projet. Et en attendant, je vous conseiller de vous replonger dans les différents épisodes de la mini-série dystopique Adam.

Film d'animation Adam par Oats Studio

Exclusivement réalisée en 3D (avec le logiciel Unity) comme une superbe suite de cinématiques de jeu-vidéo, Adam raconte l’histoire d’un humain dont le cerveau a été transféré (emprisonné ?) dans un corps robotisé. Quand le héros est expulsé d’une ville fortifiée avec une foule de ses compagnons captifs, le cyborg nouveau-né se rend compte qu’il est exilé dans un monde post-apocalyptique.

Voici ci-dessous les 3 premiers épisodes :

Cette fable post-humaniste présente à mes yeux un énorme potentiel pour un long-métrage d’animation. Si le secret qui enveloppe le personnage se dévoile très vite pour le passionné de SF (surtout s’il a vu Chappie !), de nombreux éléments ouvrent des voies scénaristiques palpitantes : pourquoi les androides sont-ils libérés en plein désert ? Qui sont ces survivants regroupés en une communauté sectaire anti-technologies ? Et qui sont ces étranges robots-bergers qui errent dans la poussière, entraînant derrière eux les fugitifs de métal ?

Attendons la suite. Neill Blomkamp n’a pas fini de révéler ses talents de storyteller…

✉ Newsletter

Fan de Science-Fiction et d'Anticipation ? Abonnez-vous par e-mail et vous recevrez chaque nouvel article, une fois par semaine. No Spam Inside.

Posted by HAH

Passionné par l'Anticipation et la SF depuis la lecture de Fahrenheit 451, j'ai orienté mes études littéraires dans ce domaine avec la réalisation d'un mémoire sur les villes dystopiques. Ma bibliothèque se compose des grands classiques (Asimov, Philip K. Dick, H.G. Wells, Clarke...) et des nouveaux auteurs SF - Priest, Wilson, Howey... Ma nouvelle préférée : La Dernière Question, d'Isaac Asimov. Evidemment, je regarde un peu trop les films et séries d'Anticipation.

Laisser un commentaire :